Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 12:50

 

La fumée de la Terre

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La première fois que je l’ai aperçue, elle poussait entre les plants de patates. Peut-être la légende est-elle vraie ? On dit que la fumeterre parvient à la surface à travers une fumée émanant du sol et non à partir de semences.D’où son nom qui dérive de « fumée de terre ». Ou peut-être vient-il simplement du fait que, posée sur les yeux pour les éclaircir – en quoi la plante est très efficace –, elle excite les larmes tout comme la fumée. On l’appelle d’ailleurs "Herbe à la veuve", mais ne voyez pas dans cette appellation une meurtrière. Elle vient simplement du monde paysan qui dit, avec humour, que son suc est si âcre qu'il aiderait les yeux les plus secs à pleurer ! La fumeterre figurerait d’ailleurs, avec le frêne et l’angélique, parmi le panthéon des plantes employées pour devenir centenaire.

 

La fumeterre a une longue histoire derrière elle. Elle fut initialement conseillée pour le foie par Dioscoride et Galien. Pline ajoutait qu’elle empêchait les cils de repousser après l’épilation. Au Moyen-âge, elle tomba dans l’oubli chez nous tandis qu’il en était encore fait grand usage par les Arabes. Au 16e siècle, Matthiole, médecin botaniste de Florence, l'indiqua pour purifier le sang. Enfin, Valnet, phytothérapeute du XXe siècle, la consacre comme « l’une des meilleurs plantes » qui soient. Dépurative, tonique et cholagogue, elle devient après les 10 premiers jours, calmante, sédative et amaigrissante.

 

C'est le premier mai que sont jetés les sorts sur le lait et le beurre. Pour les empêcher de réussir, on avait recours à un drôle procédé dans la région de Pont-Audemer : après avoir nettoyé l'étable et sorti les bêtes, on faisait brûler à ses 4 coins, dans des pots remplis de braises de pommier : de la ronce, du sureau et de la fumeterre, des vieux cuirs et une chemise sale ayant appartenu à la fermière. On faisait ensuite rentrer les vaches à reculons dans l'étable tout ornée de touffes de fumeterre.

Plus étrange est peut-être c’est usage en Belgique de cirer ses souliers avec de la fumeterre avant d'aller demander une augmentation à son patron. 

Enfin, un bouquet de fumeterre accroché à la fenêtre d'une jeune fille signifiait que le mal que l'on disait d'elle était peut-être vrai, « il n’y a pas de fumée sans feu » qu’on dit !

 

 


 

Autres noms

Herbe aux cochons, herbe aux dindons : car elle est appréciée de ces animaux

Bonhomme grillé, crête de coq, pied de géline, pied de poule : de par la forme de ses fleurs

Fiel de terre : de par son goût

Fleurs de terre, fruit de terre : par déformation de fumeterre

Soupe au vin, trempée au vin : à cause de la couleur de sa fleur ou de son utilisation dans des macérations

 


 

Sources

L’Herbier oublié, Bernard Bertrand 

Flore populaire, Eugène Rolland

Logiciel L'encyclopédie pratique des plantes médicinales et usuelles

 

Par Cyclothymique - Publié dans : Plantes - Communauté : les amoureux de la nature
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 13:03

 

L’Euphorbe réveil-matin, Tic-Tac Tic-Tac...

Légendes, mythes, farce, blague, magie, Histoire et propriétés de l'Euphorbe réveil-matin, Euphorbia helioscopia L.

 

L’euphorbe réveil-matin, quel nom étrange pour une plante… Elle ne fait ni tic-tac, ni dring-dring et je vous mets au défi de me lire l’heure sur ses ombelles. Mais alors, pourquoi la nommer ainsi ? Il y a plusieurs explications.  Les moins originaux penseront à ses ombelles qui se déploient tôt le matin, face au soleil, et qui lui valut son nom scientifique d’Euphorbia helioscopia, mais d’autres, à l’esprit plus farceur pencheront en faveur d’une autre origine. Il faut savoir que les Euphorbes ont la particularité de sécréter un abondant suc laiteux et très agressif. Aussi, certains parents, agacés des grasses-mat’ répétées de leurs enfants, les persuadaient de se barbouiller la figure de lait d’euphorbe. Sur le moment, ils ne ressentaient rien mais au petit matin, la vive douleur de leur visage tuméfié les arrachait de bonne heure de leur lit. Semblablement, on lui aurait donné son nom d’euphorbe réveil-matin parce que, lorsqu’on se frotte les yeux après en avoir touché, on ressent de vives démangeaisons qui empêchent de dormir.

 

Une autre farce, universellement répandue, consiste à persuader un homme, pour une raison quelconque, de se frotter le pénis avec du lait d'euphorbe. Celui-ci gonfle alors dans des proportions fantastiques !Reste à savoir, Mesdames, si l’on peut l’utiliser après…

Plus innocente est la blague que Panurge, personnage de Rabelais, faisait aux dames. Elle  consistait à leur présenter un mouchoir plein d’euphorbe pulvérisée pour les faire éternuer.

Enfin, le lait d’euphorbe peut servir d’encre sympathique, c’est-à-dire d’encre invisible ! Le destinataire n’aura qu’à tremper votre lettre dans du vinaigre afin qu’elle lui dévoile ses secrets.

 

Toutefois, loin de ses utilisations rigolotes, le latex d’euphorbe était jadis utilisé comme purgatif violent en interne et provoqua quelques accidents du fait de sa toxicité. C’est encore son latex qui lui prévalu une foule de surnoms : Herbe à lait, Laitière, Laiteron, Lacteron, Lait de Vache, de bique, de chamois ou de couleuvre… Mais aussi herbe à verrues, Véron, Véreuse, Vérouine… car son latex a le pouvoir de soigner les verrues, comme celui de la Chélidoine. On l’appelle alors petite éclaire en opposition à la grande éclaire, la chélidoine. Quant à son nom d’euphorbe, Pline l'Ancien raconte qu’il a été choisi par Juba II, roi de Mauritanie, naturaliste et historien qui aurait découvert cette plante dans l'Atlas  et aurait voulu honorer son médecin nommé Euphorbe.

 

Enfin, l’euphorbe est, dans l'ensemble des pays méditerranéens, censée chasser démons et djinns. En France et en Italie, la plante était utilisée lors de rites divinatoires : on délayait dans le creux de la main une goutte de sève d'euphorbe dans de la salive. Dans le mélange apparaissaient alors des formes et des couleurs sujettes à l’interprétation.

 


 

Sources

L’Herbier oublié, Bernard Bertrand 

Flore populaire, Eugène Rolland

Logiciel L'encyclopédie pratique des plantes médicinales et usuelles

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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 19:54

La Mauve, célèbre depuis l’Antiquité

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 La mauve, encore appelée Grande Mauve, Guimauve verte, fausse guimauve, est une plante connue et célébrée depuis l’Antiquité. Pour Pline, quiconque en boit quotidiennement le jus sera immunisé contre toutes les maladies. Hésiode, lui, se moquait des sots qui ne la connaissaient pas. Horace jure de ne se nourrir que d'olives, de chicorée et de mauve quand Cicéron rapporte qu’ayant abusé d’un délicieux ragoût mauve, il fut puni d’une diarrhée qui dura dix jours. Martial, quant à lui, en faisait une cure après ses orgies. Symbole de douceur, elle servait même aux morts.  Elle était semée autour des sépulcres et conférait aux âmes des défunts la paix et la sérénité.

Au Moyen-âge, c’est au tour de Charlemagne de prendre la relève. Il fit indiquer la Mauve parmi les plantes à cultiver absolument dans ses domaines impériaux. Et au XVIe siècle, en Italie, on la nommait omnimorbia, « remède à toute maladie ». Encore aujourd’hui, la Mauve est l’une des plantes les plus vendues en herboristerie.

 

Mais revenons en arrière, à l’origine de son nom. Mauve dérive du latin "malva" qui vient lui-même du grec "malacos" : mou, rappelant la vertu émolliente de la plante. Cependant, une autre origine le fait dériver d'une contraction de la phrase "mal va-t-en!" ce qui donne "mal va", le nom de la plante.

Plus curieux sont ses surnoms de Petit fromage, Fromageron ou Fromagère. En fait, ils viennent de la ressemblance du fruit, en forme de couronne, avec un fromage en portions.

 

La mauve, riche en mucilage, possède des vertus béchiques, expectorantes et désinfectantes. Elle est donc tout indiquée pour calmer la toux, l’enrouement, les pharyngites, bronchites, etc. D’autant plus qu’elle fait partie des sept fleurs pectorales, à savoir le bouillon blanc, le coquelicot, la mauve, la violette, la guimauve officinale, le tussilage et le pied-de-chat.

C’est également sa richesse en mucilage qui la rende légèrement laxative.

Elle peut aussi être utilisée pour calmer d’autres inflammations et irritations, comme les aphtes, les piqûres de guêpes (il suffit simplement de presser son suc dessus),…On en fait également des compresses pour soulager les yeux fatigués et des bains de siège contre les hémorroïdes.

 

Enfin, en magie, la fleur de mauve servait d'antidote aux petites indispositions provoquées par une sorcière. Aussi Si votre amant(e) vous a quitté, cueillez un bouquet de Mauve et placez-le dans un vase sur le pas de la porte ou sur un rebord de fenêtre. Cela l'amènera à penser à vous, et peut-être à revenir. Par contre, si vous êtes célibataire,  portez un brin de mauve sur vous, elle est censée attirer l'amour.

 

 

NB. Les autres mauves, comme la mauve musquée, on les mêmes propriétés et peuvent substituer la Grande Mauve dans les préparations.

 


 

 

Sources

L’Herbier oublié, Bernard Bertrand 

 Secrets de plantes, Michel Pierre et Michel Lis   

Logiciel L'encyclopédie pratique des plantes médicinales et usuelles

Larousse des plantes médicinales, 2001

Grimoire des Plantes, Morigane

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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 14:27

Armoise, l'herbe des femmes

Histoire, légendes, mythes, magie, Artemis, et propriétés de l'Armoise commune, Artemisia vulgaris L.

 

L’histoire de l’armoise remonte il y a bien longtemps. On dit qu’elle fut créée par la Déesse Artémis, déesse de la chasse et associée à la Lune ; c’est pourquoi la face inférieure du feuillage est argentée. Artémis vouait une haine farouche aux hommes. Ainsi, lorsqu’Actéon, fils de Cadmos fondateur de Thèbes, la surprit nue se baignant en compagnie de ses nymphes, sa colère fut terrible. Artémis le changea en cerf et celui-ci fut déchiqueté par ses chiens et sa tête fut portée en trophée par ses amis. Artémis est aussi la protectrice des femmes, en  particulier celles qui, comme elle, ont su rester intactes : les jeunes filles, les vierges. En Orient, elle est la maîtresse des Amazones. L’armoise tient alors peut-être moins son nom parce qu’elle a été créée par la déesse que parce qu’elle poursuit une action identique, c’est-à-dire porter secours aux femmes, tant en régularisant leur cycle qu'en les assistant lors des accouchements.

 

L’Armoise est utilisée depuis l’antiquité. Dioscoride, médecin grec du 1er  siècle apr. J.-C., préconisait déjà son utilisation pour aider les femmes qui enfantaient.  Au XVIIe siècle, Diego de Torres, un herboriste espagnol, conseillait d'appliquer un cataplasme d'armoise sous le nombril pour déclencher les contractions. À la même époque, le Dictionnaire de Trévoux nous dit « L'armoise est recommandée pour les maladies de femmes. On l'emploie en décoction ou en sirop. » Aujourd’hui, on sait que l’armoise aide à la venue et la régularité des règles et permet de soulager les désagrégements qui les accompagnent. Elle fut parfois appelée l’Herbe criminelle,  car on croyait, à tort, la plante abortive. À l’inverse les Chinois la prescrivaient pour éviter les fausses couches et pour réduire ou arrêter les écoulements menstruels.

 

Mais l’armoise a bien d’autres vertus. Elle est aussi un stimulant de l'appétit et un vermifuge efficace. Elle peut être administrée pendant une longue période à faible dose pour stimuler l'appétit et les fonctions digestives et améliorer l'assimilation des aliments.

Les "moxas" de la thérapeutique japonaise - petits cônes d'herbe que l'on laisse se consumer au dessus du point d'acupuncture à solliciter - sont faits d'armoise.

Appelée Tabac de Saint-Pierre ou Herbe de feu, elle fut utilisée comme succédané au tabac.

En cuisine, notamment au Moyen-âge, l'armoise était le condiment des viandes grasses (oie, canard, etc..) et du gibier. En effet, c’est une plante très aromatique dont j’aime particulièrement l’odeur étrange qui me fit penser, la première fois que je la sentis, au coca. Elle parfuma aussi de nombreuses liqueurs jusqu’à ce que le houblon vienne la détrôner pour aromatiser la bière. Adieu ses jolis noms d’Herbe aux cent goûts, d’Armoise citronnelle…

 

C’est également une plante magique. En Gaule, les druides offraient l'armoise à leurs dieux. Puis, comme souvent, la persistance des rites païens s’est christianisée. L’armoise tient aujourd’hui une place importante dans les herbes de la Saint-Jean, qui est d’ailleurs un de ses noms comme ceux de Couronne ou ceinture de la Saint-Jean. La tradition veut en effet que pour soulager courbatures, maux de dos et fièvre, on porte des couronnes et ceintures tressées d’armoise. Chargée des maux, on les jette ensuite dans le feu purificateur afin qu’ils disparaissent.

Suspendu au-dessus des portes, un bouquet d’armoise tient les mauvais esprits éloignés de la maison. Ou plus original, il faut, au premier jour de l'année, tirer en direction du Ciel, de la Terre et des quatre points cardinaux des flèches garnies d'armoise afin de chasser les influences maléfiques durant l'année à venir. Dans le même esprit, mais plus simplement, porter un brin d’armoise sur soi protège des poisons, de l’eau, du feu, des bêtes sauvages, des insolations… Bien des dictons rendent compte de la confiance accordée à cette herbe, celui-ci est sans doute le plus populaire : « Si tu savais les vertus d’Artémise, tu la porterais dedans ta chemise ».

L’armoise possède aussi un autre pouvoir, très connu des marcheurs. Les centurions romains en garnissaient déjà leurs sandales pour maintenir la plante du pied en bon état. Car accrocher un brin d’armoise à ses chaussures permettrait de parcourir des lieues, en une seule traite, sans fatigue. Très utile pour les légions, quant aux marathoniens, c’est indécelable au contrôle antidopage.

Enfin, c’est également une herbe prisée des devins. Dormir sur un oreiller rempli d'Armoise procure des rêves prophétiques. Mais attention, bue en infusion lors de la Lune Noire, elle révèle des prophéties de type Armageddon. Cette infusion peut également servir pour nettoyer les boules de cristal et les miroirs magiques afin d’augmenter leur clarté. Quant aux feuilles d'Armoise, elles peuvent être placées autour de la base de la boule ou en dessous pour aider lors de travaux psychiques et la plante peut être brûlée lors de rituels.

 


Sources

L’Herbier oublié, Bernard Bertrand 

 Secrets de plantes, Michel Pierre et Michel Lis   

Logiciel L'encyclopédie pratique des plantes médicinales et usuelles

Larousse des plantes médicinales, 2001

Mythologie : mythes et légendes du monde entier, édition de Lodi, 2006

Grimoire des Plantes, Morigane

http://les-sentiers-caches.forumsactifs.com/l-herboristerie-f6/asteracees-l-armoise-herbe-d-artemis-t96.htm

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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 16:45

Le Millepertuis, l'Herbe aux cent trous

Histoire, légendes, mythes et propriétés du millepertuis, Hypericum perforatum L.

 

Le millepertuis est une plante assez facile à reconnaître. Son nom vous aidera d’ailleurs à retenir une de ses principales caractéristiques. Millepertuis signifie littéralement « mille perforations », on l’appelle également Mille-trous, herbe à cent trous, herbe percée, Trascalan percé, car ses feuilles à la lumière donnent l’impression d’être perforées. La légende raconte qu’une jeune fille, poursuivie par le diable, se serait cachée dans un champ de millepertuis. Afin de la retrouver, Satan aurait alors troué toutes les feuilles de la plante. En fait, ce ne sont pas des trous que l’on observe, mais des glandes translucides gorgées d’huile essentielle. Si vous frottez la feuille, vos doigts se teinteront de rouge.

 

Toutefois, la légende illustre bien la capacité du millepertuis à chasser les démons. C’est le  Fuga Daemonun, Chasse-Diable ou Chasse-Démons. Il était jadis consacré à Baldr, Dieu scandinave de la lumière, dont le festival se tenait habituellement aux alentours du 24 juin, époque où le soleil brille plus longtemps dans le ciel. Comme bien d’autres Dieux, il n’a pas survécu à l’invasion chrétienne et c’est donc à Saint-Jean que le millepertuis sera consacré.

La tradition veut que, cueilli le jour de la Saint-Jean, passé trois fois par les flammes, puis tressé en croix et accroché aux portes des maisons, le millepertuis préserve des maladies et de la sorcellerie. Un bouquet fait de millepertuis et de menthe serait particulièrement efficace.  On croit aussi que feuilles de millepertuis déposées sous l'oreiller la veille de la Saint-Jean épargne le dormeur de la mort durant l’année suivante. Par contre, quiconque marchera dessus, après le coucher du soleil, recevra la visite des fées. Une autre légende raconte que l’étourdi se retrouvera alors sur le dos d’un cheval magique qui caracolera dans le ciel jusqu’au lever du jour.

Mais ce n’est pas tout. Le millepertuis entre aussi dans des rites d'exorcisme : on en faisait boire aux possédés à l'époque gallo-romaine et pour qu'une prétendue sorcière avoue ses méfaits et ses turpitudes, on lui fourrait dans la bouche des feuilles de millepertuis.

 

C’est un chasseur de démons, mais également de mélancolie. Le millepertuis est en effet l’un de nos meilleurs antidépresseurs naturels. Toutefois, il convient d’être prudent lors de son utilisation en interne, certains de ses composés pouvant interagir avec d’autres médicaments.

La seconde de ses grandes vertus est sa capacité à soigner et soulager les plaies, ecchymoses, brûlures, coups de soleil, etc. Il est alors utilisé sous forme d’huile, qui consiste simplement en ses fleurs macérées dans de l’huile d’olive au soleil. Au fil du temps, le millepertuis déverse ses composés et l’huile se teinte de rouge. D’où son nom de Sang de la Saint-Jean.

 

Enfin, percé comme une passoire, le millepertuis symbolise l'oubli du passé et des tourments… qu’il aide d’ailleurs à soigner !



Sources

http://plantaromes.canalblog.com/archives/2006/01/07/1194277.html

L’Herbier oublié, Bernard Bertrand 

 Secrets de plantes, Michel Pierre et Michel Lis   

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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 12:02

Le Mélilot, plante aromatique

Histoire, légende, mythe, propriétés, Mélilot jaune, mélilot officinal, mélilot blanc, Melilotus officinalis Lam.

 

Partout je lis que le mélilot exhale une odeur suave, agréable de vanille, de pain d’épice, de foin fraîchement coupé… Mais personnellement, je ne sens que le haricot et l’herbe séchée.  Un parfumeur a même écrit que la coumarine (responsable de l’odeur du mélilot) évoque à la fois la noix de coco, la lavande, le tabac, l’amande amère, la vanille, le mimosa et le miel. Ah… Bon, il faudra que je retourne y jeter un nez.

 

Quoi qu'il en soit, le mélilot est abondamment utilisé pour son odeur. Nos ancêtres plaçaient des brins de mélilot dans leur missel et, plus la plante se séchait, plus elle embaumait le missel. Elle protégeait également des mites. Son arôme est aussi utilisé en parfumerie, notamment pour adoucir le côté alimentaire de la vanilline et c'est lui qui donne au tabac Amsterdam son parfum bien particulier de pain d'épices.

En cuisine, Valmont de Bomare assure « qu’il suffit d’en introduire une petite quantité dans le corps d’un lapin domestique nouvellement tué et vidé, pour que le chair de cet animal contracte le goût des meilleurs lapins de garenne. ». Le mélilot fut aussi employé pour parfumer des fromages.

Longtemps, il fut cultivé comme plante fourragère, car il donnait bon goût au foin qui était alors plus apprécié des bêtes, surtout des chevaux, car on le nomme aussi Trèfle de cheval. Mais attention, mal séché, la coumarine se transforme en dicoumarol, un agent anticoagulant, dont l'ingestion peut provoquer des hémorragies. C’est la maladie du «mélilot gâté» chez les bovins.

Enfin, les abeilles en sont également très friandes, le mélilot leur fournissant une abondance de nectar et à long terme. C’est pourquoi on l’appelle Trèfle des abeilles, miel des champs, langue de femme (toujours très mielleuse). Mélilot est d’ailleurs formé des mots grecs « mel », miel et « lotos », nom d’un groupe de légumineuse ressemblant aux trèfles. De fait, par sa ressemblance au trèfle (du moins par ses feuilles), le mélilot est encore surnommé Petit trèfle jaune, trèfle mélilot, luzerne bâtarde, sauvage ou folle, trèfle odorant.

 

En phytothérapie, le mélilot est recommandé en bain d’yeux ou collyre pour lutter contre les conjonctivites et autres inflammations oculaires. En voie interne, le mélilot est calmant et antispasmodique léger. Il procure un bon sommeil aux anxieux, enfants agités, ou vieillards souffrant d’insomnie. Mais attention, pure et à forte dose, la coumarine est un poison violent.

 

P.S. : le mélilot blanc, Melilotus albus Med., possède les mêmes propriétés et diffère par la couleur. 



Sources :

L’Herbier oublié, Bernard Bertrand 

 Secrets de plantes, Michel Pierre et Michel Lis   

Logiciel L'encyclopédie pratique des plantes médicinales et usuelles

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